ZLECAF : le seuil de 22 ratifications enfin atteint, le marché africain effectif en juillet prochain

Un an après sa signature par 44 pays à Kigali, l’accord ZLECAf a atteint le seuil minimum requis de 22 ratifications pour son entrée en vigueur. (Crédits : CUA)La Gambie a été le 22 pays à ratifier, mardi 2 avril 2019, l’accord portant création d’une Zone de libre échange continentale. Comme convenu dans le traité, c’est le seuil minimum requis pour l’entrée en vigueur du marché africain en juillet prochain même si beaucoup reste encore à faire pour le rendre effectif.

 

Il fallait 22 ratifications et c’est à la Gambie qu’est revenu l’honneur historique d’atteindre le seuil minimum requis pour l’entrée en vigueur de l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Le Parlement gambien a en effet approuvé, mardi 2 avril, l’accord signé le 21 mars 2018 à Kigali au Rwanda par 44 pays membres de l’Union africaine (UA). Conformément au terme du traité, l’accord entrera en vigueur en principe en juillet prochain à l’occasion d’un Sommet extraordinaire de l’organisation continentale prévu pour se tenir à Niamey au Niger, à l’initiative du président Issoufou Mahamadou, champion de l’UA pour la Zlecaf.

En attendant le Nigeria et les autres

Un pas historique vient ainsi d’être franchi dans l’établissement de ce qui est annoncé comme le plus vaste marché commun du monde. Avec ces 22 ratifications qui marquent l’entrée en vigueur de la Zlecaf, la dynamique va certainement s’accélérer même si d’autres pays et pas des moindres, manquent encore à l’appel. C’est le cas par exemple du Nigeria, le plus grand marché du Continent. Le pays de Muhammadu Buhari qui fait toujours preuve de réticence même si à l’UA, on se montre optimisme pour que le géant africain rejoigne le marché unique à brève échéance. Le Nigeria n’est pas le seul pays qui manque à l’appel puisqu’à la date du 27 mars dernier, 51 des 55 membres de l’organisation continentale ont déjà signé l’accord de Kigali.

L’entrée en vigueur de la Zlecaf, c’est donc pour le mois de juillet prochain. D’ici là, les négociations vont se poursuivre sur plusieurs aspects de l’Accord afin de le rendre véritablement effectif. Le processus d’entrée en vigueur de la zone de libre-échange du Continent va ainsi ouvrir la voie aux négociations entre les pays signataires sur les aspects et les modalités de mise en application de l’accord, et parmi les aspects qui restent à négocier figurent les règles d’origine de la zone, les concessions tarifaires pour le commerce de marchandises, les modalités de paiement et de règlement ainsi que les obstacles non tarifaires.

Des négociations difficiles sur les modalités de mises en oeuvre

Les négociations sur ces différents aspects s’annoncent certes difficiles mais au regard des promesses attendues à la fin du processus, l’espoir est permis pour que les engagements pris par les chefs d’Etat de rendre effectif cet ambitieux chantier stratégique de l’Agenda 2063 de l’UA soit une réalité et dans les délais. A terme, la ZLECAf va permettre de générer selon les projections officielles, un PIB de plus de 3 000 milliards de dollars et permettre la création de 300 000 emplois directs et plus de 2 millions d’emplois indirects. Le marché africain permettra également de faire passer le commerce intra-africain à 25% à l’horizon 2023 alors qu’il est estimé entre 15% et 18 % aujourd’hui.

 

Lors de la présentation du rapport d’étape à l’occasion du 32e sommet de l’UA d’Addis-Abeba Abeba de février dernier, le président Issoufou a expliqué que les consultations se poursuivent à tous les niveaux pour que les délais soient respectés et toutes les garanties prises pour la réussite du processus. C’est le cas notamment des modalités de la libéralisation tarifaire pour ce qui concerne les produits sensibles et les listes d’exclusion.

Les consultations sur la suite du processus vont également porter sur l’élaboration des listes d’engagements spécifiques et les cadres réglementaires de coopération pour le commerce des services, et par la suite sur les investissements, la politique de la concurrence et les droits de propriété intellectuelle. Autant dire, qu’il reste encore du chemin à faire.

 

https://afrique.latribune.fr/economie/2019-04-04/zlecaf-le-seuil-de-22-ratifications-enfin-atteint-le-marche-africain-effectif-en-juillet-prochain-812991.html

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