Thomas Kacou finance des projets solidaires

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Avec sa plateforme  itsaboutmyafrica, le jeune entrepreneur ivoirien Thomas  Kacou a construit un outil pour le financement des projets solidaires en Afrique. Mieux, il y participe directement en lançant un projet d’envergure sur l’accès à l’eau potable sur le continent.


Lorsqu’il passe son bac à Abidjan, Thomas, issu d’une famille de neuf enfants d’un père magistrat à la Cour suprême et d’une mère négociante en bois, se destine aux sciences politiques. Une fois son master  II de l’université de Paris en poche, il intègre un cabinet de conseil en lobbying parisien mais se rend vite compte qu’il veut agir pour l’Afrique, et rapidement. Il a toujours eu en tête de retourner définitivement au pays, ce qui sera une réalité au plus tard milieu de l’année  2017. Et, pour cela, il veut rentrer avec un projet qui lui tienne à cœur, ayant en quelque sorte une certaine responsabilité envers la Côte d’Ivoire et ses habitants par le simple fait d’avoir eu la chance d’accéder à des études supérieures. Il est aussi attiré par le social et la finance. Il crée alors avec  quatre compères l’association d’intérêt général It’s about my Africa et la plateforme de financement participatif du même nom.

Le financement participatif, crowdfunding en anglais, est une façon pour les particuliers, les entreprises et les associations de récolter des fonds pour le financement de leurs projets. La plupart du temps, un grand nombre de personnes investissent un petit montant, permettant ainsi aux porteurs de projets de réunir les fonds demandés. C’est également un moyen de fédérer le plus grand nombre de personnes autour du projet et d’en tester la faisabilité.

Sur le site, un projet d’envergure est sélectionné par année sur un thème donné : environnement, éducation, santé. En février  2016, It’s about my aAfrica lance son premier projet sur l’eau potable en Afrique, son tout premier projet. Pour parvenir à ses fins, la plateforme s’est associée à l’’entreprise toulousaine Sunwaterlife, qui a développé un système de purification de l’’eau pour la rendre potable. Ce dispositif mobile traite et purifie l’’eau douce polluée grâce à différents filtres permettant de la débarrasser des éléments responsables de certaines maladies comme le choléra. L’’alimentation électrique de la pompe est assurée par des panneaux photovoltaïques, rendant le système complètement autonome.

L’association, en levant des dons via la plateforme, a pu financer à ce jour trois systèmes de purification d’eau, dont deux en Côte d’Ivoire et un à Madagascar, et devrait sans doute pourvoir en installer deux autres au Ghana d’ici à la fin de l’année. L’objectif initial de financement est ambitieux : les fondateurs de iIt’s about my africa évaluent le montant nécessaire pour que l’ensemble du continent ait accès à l’eau potable et tombent sur le chiffre vertigineux d’un milliard d’euros. Ce sera l’accroche retenue, sachant que leur ambition raisonnée est de commencer avec au moins un système. Ils imaginent donc des paliers de réalisation : 10  000 euros, 50  000 euros, 100  000 euros … qui leur permettent d’intervenir dans des villages déjà ciblés.

En parallèle, la plateforme accueille des projets autonomes, mis en ligne par les porteurs de projets mais sérieusement filtrés par l’association.  Plusieurs projets arrivent par jour, mais très peu sont élus. Car les porteurs de projets ne saisissent pas toujours la notion de solidarité et présentent encore trop souvent des projets commerciaux qui ne rentrent pas dans le cadre social de l’association. À ce jour, plusieurs projets ont recueillis des dons :

Un projet de maison d’édition de bandes dessinées panafricaines par un Camerounais aveugle à 90 %  un projet, déjà très mûri, de sacs à mains et d’accessoires fabriqués à partir de plastiques recyclés par les femmes du Burkina Faso, et enfin un projet solidaire monté par un basketteur de l’équipe de France qui souhaitait envoyer du matériel à Dakar pour inciter les jeunes des rues à jouer au basket. Ces projets ont été clôturés sur des sommes modestes (de 1 500 à 3 000 euros) mais qui ont permis à chacun de se développer.

Cela correspond bien à l’idée fondatrice de Thomas qui ne souhaite rien d’autre que donner un coup de pouce à des projets à vocation solidaire. Certaines plateformes proposent, en effet, des crédits ou des prises de participations, mais il souhaite insister sur le concept de don  sans contrepartie « qui ne freine pas l’entrepreneur », ou alors avec des contreparties symboliques. (Une vidéo de témoignage lorsque la machine est installée). Les entrepreneurs peuvent ainsi commencer leurs activités sur des bases saines, sans crédits et avec une véritable communauté qui les soutient.

Les donateurs, dont le montant moyen des dons est de l’ordre de 50 euros,  sont souvent issus de la diaspora. Cela s’explique par le fait que jusqu’à présent les dons ne pouvaient s’effectuer que par des moyens de paiements classiques (CB, pPaypal, etc.) mais pas par mobile money. C’est chose faite depuis janvier  2017, et cela ouvre la porte aux donateurs ivoiriens friands de ce mode de paiement.

Le projet eau potable en Afrique se développe également auprès des fondations d’entreprises, qui représentent en fait l’enjeu principal de l’association. Du fait de leur cycle de décision plus lent que des donateurs privés, ces partenaires prendront, en effet, le relais des donateurs privés une fois la période d’un an terminée afin qu’un maximum de systèmes de filtration de l’eau soient installés.

Le prochain projet de l’association de Thomas  Kacou se fera dans le domaine de l’éducation en Afrique, qui est l’un des grands enjeux du continent. Rendez- vous donc début mars sur le site iIt’s about my Africa.

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