Sénamé Koffi Agbodjinou connecte le Togo

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Il a eu une vie avant de créer le Woelab. Sup et spé à Lomé, design industriel à Paris, diplôme d’architecte à l’ESA puis à la Villette, et enfin formation en anthropologie à l’EHESS, Sénamé Koffi Agbodjinou est multidiplômé, mais ne s’en vante pas. Pour lui, son espace d’innovation technologique est ouvert à tous, et a déjà donné naissance à des projets remarquables, dont la célèbre imprimante 3D à base de composants recyclés, la W.Afate (du nom de son créateur). Woe, dans la langue éwé, signifie littéralement « Fais-le ! ». C’est cet esprit d’entreprendre sans barrières de moyens ou de connaissances, qui représente sans doute le mieux l’esprit du Woelab. C’est aussi une belle illustration d’une Afrique inventive.


Il sort tout juste de l’organisation du premier concours du Woelab sur les objets connectés mais trouve le temps de nous consacrer quelques instants. Car Sénamé Koffi Agbodjinou est avant tout à l’écoute. Des gens, des tendances, des communautés. Il a fondé le Woelab voici à peine cinq ans et déjà ses premiers protégés volent de leurs propres ailes au Tchad ou en Tunisie. Le Woelab lui-même, faute de place, a déménagé de son quartier historique de Djijole dans le quartier de l’université, proposant un espace de 600 m2 qui en fait le plus grand « fab lab » d’Afrique de l’Ouest, et ce n’est que le Woelab « zéro » ! Le Woelab « prime », réplique du grand frère zéro, vient d’ouvrir en banlieue de Lomé, et gageons que des Woelab 2 ou 3 verront le jour d’ici peu.

 

Quand et comment est né le Woelab ?

Woelab a été mis en place en août 2012 en tant que première matérialisation d’un projet original de « Smart City » que nous avons appelé « Hub Cités africaines » et qui associe des camps et des labs au service d’un urbanisme plus inclusif. J’avais créé deux ans auparavant l’Africaine d’architecture, et l’urbanisme me tient à cœur. La différence avec les projets classiques de villes intelligentes, c’est donc qu’ici on ne se propose pas de dessiner la ville de demain à la place des gens, mais on les porte petit à petit au niveau de conscience, de mobilisation, de compétence et de ressources qui leur permettraient de reconquérir ce pouvoir de la penser et la produire par eux-mêmes.

 

Votre formation initiale d’architecte et d’anthropologue influence-t-elle cette création ?

Oui, car au départ le lab est conçu comme un intégrateur urbain et, aujourd’hui encore, nous recrutons les acteurs des labs selon une absence de principe sur les personnes : c’est la logique de la porte ouverte, qui permet à chacun et à chacune, quelle que soit sa formation ou son absence de formation, de participer. D’ailleurs, nos débuts un peu « roots » ont surtout attiré des gens d’horizons hétéroclites, même si aujourd’hui notre image « Tech » fait que de nombreux diplômés s’intéressent à nos activités.

 

Quelle évolution sur ces cinq années ?

Nous avons laissé de côté notre dogme d’indépendance à tout prix afin de disposer des moyens de nos ambitions. Ce qui fait que nous avons accueilli des partenaires institutionnels tels que l’OIF ou le consortium Waziup (projet de l’Union européenne regroupant une douzaine d’acteurs des objets connectés, les IOT). Cela nous a donné une plus grande visibilité et des moyens pour aller plus vite dans notre développement.

 

Quels sont vos projets, vos ambitions ?

Le développement en Afrique des objets connectés est un sujet qui mobilise notre énergie, car il représente un bel avenir. Par ailleurs, le programme « Silicon Villa » de création de start-up, que nous avons lancée il y a quelques années, a donné naissance à plusieurs entreprises incubées à Woelab. Il s’agit maintenant de viabiliser ces entreprises qui sont censées, à terme, prendre le relais du financement de la mise à disposition gratuite pour d’autres jeunes, de cet outil qu’est Woelab.

 

A21

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