La rage du roi / Une « incroyable » compilation de 8 œuvres littéraires faite par Christian Guéhi

 La Rage du Roi est une satire d’1 heure 20 minutes qui met en scène les personnages de 8 œuvres littéraires qui ont marqué la littérature  africaine. Ces époques présentent un univers chargé d’harmonie, d’émotions, de nostalgie et surtout de lutte contre l’oubli. Pour l’auteur Christian Guehi, le fait de regrouper ces personnages de différents écrivains dans un monde pittoresque est la meilleure chose qui puisse arriver au théâtre en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier. Afrique 21 à travers un portrait sur l’œuvre et son auteur vous invite à découvrir une œuvre marginale que toute l’Afrique aura du plaisir à voir.


  La Rage du Roi


‘’La Rage du roi’’ est une compilation de 8 œuvres littéraires écrites et mise en scène par le journaliste culturel ivoirien Christian Guéhi. Une œuvre qui rend un vibrant hommage aux grands auteurs littéraires africains et martiniquais qui ont marqué la littérature noire. Les personnages de ses œuvres littéraires en question  se retrouvent dans un monde crée par Christian Guehi ou chacun d’eux fait l’éloge de son créateur.L’auteur de la  »Rage du Roi » fait rencontrer le chemin de Djinan(Personnage principal du livre  »On se chamaille pour un  siégè ») à celui du roi Christophe  (Personnage  principal du livre  »La Tragédie du roi Christophe) par le truchement de Djinan nan , la fille du premier, que le second voulut en mariage.  Offre qu’elle refuse….. Face à ce refus, le roi entre dans une  grande colère. Comment cette confrontation finira t-elle.

À travers cette compilation des œuvres littéraires: ‘’La tragédie du roi Christophe ’’d’Aimé Césaire, ‘’Le respect des morts’’ d’Ahmadou Koné, ‘’On se chamaille pour un siège’’ de Hyacinthe Kacou, ‘’L’ aventure ambiguë’’ de Cheihk Hamidou Kane, ‘’Sous l’orage’’ de Seydou Badian, ‘’Chaka’’ de Senghor, ‘’Monsieur Togo-Gnini’’ et ‘’les voix dans le vents ‘’de Bernard Dadié’’, l’auteur Christian GUEHI Hervé, de son nom à l’état civil,  met en scène une histoire d’amour dans laquelle, le pouvoir, l’excès, la jalousie, la recherche du prestige, l’égocentrisme, les calomnies, la joie, la fraternité et la paix cohabitent dans un univers où vieux et jeunes sont guidés par les désirs de leurs temps.  Ce qui met en scène un conflit de générations comme nous pouvons le voir dans l’œuvre littéraire ‘’Sous l’orage’’. A tout ceci, s’ajoute une lutte contre la misère, les erreurs de la jeunesse et les querelles.

La pièce de théâtre ‘’la Rage du Roi’’ permettra à ceux qui la découvriront de s’apercevoir que ces personnes gardent leurs différents noms. Nous avons par exemple le roi Christophe tiré de l’œuvre littéraire d’Aimé Césaire ; Akoli tiré du livre ‘’Le respect des morts’’ d’Ahmadou Koné et Djinan, Gblagbla, Titi qu’on retrouve dans le livre  »On se chamaille pour un siège » de Hyacinthe Kakou.

Synopsis

 Djinan, joué par Krou Clovis, héros de la pièce tire son nom de l’œuvre littéraire de Hyacinthe Kouakou, ‘’On se chamaille pour un siège’’. La personnalité de Djinan est un mélange de monsieur Togo-gnini. Arrogance, suffisance, assoiffé de richesse sont des qualités propre à Djinan. Christian Guéhi fait rencontrer le chemin de Djinan à celui du roi (Christophe) par le truchement de Djinan nan (joué par D. Ceirait), la fille du premier, que le second voulut en mariage. Offre qu’elle refuse à cause de son fiancé Marc, un jeune artiste en vogue dans la région. Djinan nan met en avant la raison d’un cœur qui ne saurait appartenir au Roi (joué par Ettien Wilfried Parfait). Face à ce refus, le roi entre dans une  grande colère. Imaginez un  instant a quoi peut ressembler cette colère quand elle est un mélange du caractère de Roi Christophe d’ Aimé Césaire, de la ténacité de ‘’Chaka’’ de  Senghor et de Nahoubou 1er  tiré dans ‘’Les voix dans les vents’’ de Bernard Dadié ? Toutes les démarches devant permettre à Djinan nan de fléchir n’ont pu aboutir malgré une sentence du Roi. Celle de donner la mort à la famille Djinan.

L’auteur qui cherche à clamer la rage du roi, trouve la solution dans les écrits de Cheick Hamidou Kane. A côté du roi (Christophe), il intègre dans le jeu la ‘’Grande royale’’ – tiré de l’aventure ambiguë – pour le raisonner et le conseiller utilement. Cette image, de l’avis de Christian Guéhi, démontre le rôle principal qu’occupe les Premières dames auprès de leurs époux (Chefs d’Etats).

Le jeu des comédiens

De l’humour à la sauce ivoirienne : la pièce de théâtre était très drôle tout en abordant des thèmes très sérieux notamment les conflits de génération, le mariage forcé et la place de la femme dans la société. Elle est aussi très accessible car compréhensible de tous.

Des acteurs passionnés : les acteurs sont à encourager car il s’agit d’étudiants passionnés par le Théâtre inscrits aux Beaux-Arts, de délégué médical, de technicien supérieur en mines et géologie… en somme des ivoiriens désireux de promouvoir le théâtre. Leur engagement est beau lorsque l’on sait que l’intérêt pour cette discipline se perd alors que le théâtre était encore très prisé en Côte d’Ivoire, il y a encore 30 ans.

Un jeu de rôle intéressant : je tiens à réellement féliciter les acteurs et le metteur en scène car jouer sur une scène ouverte à 360° n’est pas du tout évident. En effet, le patio du Bushman Café a fait office de scène et nous étions installés autour pour apprécier le spectacle. Vous imaginez donc la difficulté pour les acteurs de jouer dans un décor ouvert et de capter l’attention du public malgré cette grosse contrainte. Et ils ont réussi.

 L’auteur

Christian Guéhi devenu journaliste culturel est un produit de l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (Insaac) où de 2004 à 2007, il passe au lycée d’enseignement artistique (Lea). Il intègrera la troupe Nakimado de Désiré Dalo Bamba en qualité de chorégraphe. Bien avant son Baccalauréat H obtenu au LEA, Christian qui est victime de polyneuropathie ataxique et d’une surdité. «Mes nerfs ont lâché», rappelle Christian Guéhi qui explique ses difficultés car incompris. «On ne me comprenait pas trop», se souvient-il.

«On ne me comprenait pas trop»

 Christian qui a un intérêt pour les arts plastiques et la décoration n’était pas un bon praticien en musique. C’est la raison qui le pousse sur le chemin de l’école nationale de musique qu’il intègre de 2007 à 2009 et en sort diplômé  avant d’obtenir une licence en journalisme puis un Master à l’Institut des  Sciences et Techniques de la Communication-Polytechnique (Istc-P). A cette époque, l’étudiant avait déjà écrit la pièce mais, par manque de temps, il ne parvient pas à faire la mise en scène de la pièce de théâtre ‘’La rage du roi’’. «Il me fallait trouver des personnes et du temps», indique Christian.

Son combat pour la relance du théâtre en Côte d’Ivoire

Selon Christian Guehi : «  le journaliste culturel authentique est un journaliste professionnel qui, dans l’exercice de sa fonction, s’intéresse et aborde l’art et la culture dans toute ses formes d’expression (Musique, danse, théâtre, cinéma, peinture, mode, littérature, gastronomie etc.). Formé en la matière, il possède une parfaite connaissance de son champ d’investigations. Il se doit d’apporter des critiques, des analyses et des jugements de valeur afin de relever les imperfections d’une œuvre ou de valoriser ladite œuvre», indique –t-il fréquemment.

Lorsque nous l’avons rencontré lors de la présentation de la ‘’Rage du roi’’, nous lui avons demandé s’il était devenu un promoteur car il avait, bien avant cette pièce de théâtre, organisé des manifestations  telle qu’un défilé de mode et une exposition.

Grande fut notre surprise à entendre une autre définition du journaliste culturel en ces termes : « le journaliste culturel dans sa fonction, se doit d’influence  ce champs d’investigation avec des concepts évènementiels pour permettre à ce secteur d’être en mouvement. Comme le théâtre  a un problème en ce moment, alors j’ai décidé de prendre mes dispositions en faisant la promotion de cette pièce (la rage du roi)  et ensuite mettre sur pied ce festival que j’appelle le FERETI », justifie-t-il.

Le FERETI ou le festival de la relance du théâtre ivoirien  a un seul objectif remettre au centre des débats l’importance du théâtre dans la société. Et  sa possible contribution à une société ivoirienne apaisée. Selon lui, ce festival est une véritable tribune de détection de talents. Il s’agit pour lui d’emmener la jeunesse artistique à poursuivre l’œuvre entamée par les devanciers du théâtre en Afrique et en Côte d’Ivoire.  L’un des grands projets en vue est la construction d’une salle de théâtre en Côte d’Ivoire où les comédiens ivoiriens pourront jouer librement et où les ivoiriens et les amoureux du théâtre pourront à coup sûr venir voir  du théâtre à tout moment selon leur disponibilité.

Ses distinctions

 Le mérite de Christian fut reconnu en 2014 avec sa nomination au titre de meilleur journaliste de Côte d’Ivoire. A l’ISTC-P en 2013, il remporte les prix de Meilleur dossier en journalisme et celui du prix de la meilleure Plume au Forum des étudiants en journalisme.

 

Pascale Koné

 

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