Libéralisation secteur aérien / « Pluie » de milliards pour l’Afrique de l’Est

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Les pays de l’Afrique de l’Est que sont la Tanzanie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi négocient bien le virage de la libéralisation du secteur aérien. Sauf revirement de dernière heure, cette libéralisation pourrait rapporter jusqu’à 202,1 millions de dollars de PIB par an. Ce qui pourrait avoir un grand impact positif sur leur développement. Afrique 21 vous en parle.


Onze États ont signé l’accord pour la libéralisation totale de leur ciel. Un pas géant que d’autres pays sont invités à suivre pour créer un marché unique de transport aérien au niveau du continent. Toutefois, certains sont encore réticents à ce marché qui pourrait devenir une réalité dès juin 2017. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Afrique de l’Est est bien partie et déterminée pour réussir ce pari.

La libéralisation du secteur aérien dans la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) pourrait rapporter à la région 202,1 millions de dollars par an de produit intérieur brut (PIB), selon une nouvelle étude publiée, ce 10 mai, à Arusha, ville touristique du nord du Kenya, frontalière de la Tanzanie. En plus de ces chiffres spéciaux, cette libéralisation des espaces aériens en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda, au Rwanda et au Burundi pourrait également conduire à la création de 46 320 emplois.

Cette étude stipule que la libéralisation du transport aérien contribue à accroître le commerce et le tourisme, l’investissement intérieur, la croissance de la productivité, l’augmentation de nombreux emplois et le développement économique. D’autre part, ce dynamisme est soutenu par les principaux acteurs régionaux, notamment les trois principales compagnies régionales que sont : Kenya Airways, Rwanda Air et Ethiopian Airlines.

La libéralisation de l’aviation civile en Afrique fait partie des principaux projets de l’agenda 2063 de l’Union africaine (UA). Ce n’est qu’en 2015, lors de la Conférence des chefs d’État et de gouvernements qu’a été véritablement lancée l’initiative de la création du Marché unique de transport aérien en Afrique (SAATM ou Single African air transport market), avec l’engagement clair d’appliquer la décision de Yamoussoukro qui libéralise totalement les fréquences, les tarifs et la capacité des avions.

À la suite de la session ordinaire du comité technique spécialisé (CTS) de l’organisation panafricaine qui s’est tenu les 13 et 17 mars à Lomé au Togo, cette initiative a connu une avancée notable. Les plus optimistes avancent même que lors de la prochaine rencontre des chefs d’État de l’Union africaine en juin prochain, la libéralisation du ciel pourrait être lancée, au moins pour les pays signataires du SAATM.

Selon la Banque mondiale, l’Afrique accueille 12 % de la population mondiale, mais elle représente moins de 1 % du marché mondial du service aérien. Aujourd’hui, le transport aérien en Afrique pèse très peu à l’échelle mondiale : l’Afrique représente moins de 3 % du trafic passagers mondial, alors qu’elle compte 15 % de la population mondiale. Si toutes les principales villes africaines sont aujourd’hui desservies par des compagnies européennes, du Golfe, voire chinoises, le transport aérien à l’intérieur du continent reste assez peu développé en raison de multiples barrières à commencer par des coûts très élevés : coûts d’assistance aéroportuaire en raison de monopoles, du pétrole (30 % plus cher au départ d’Afrique qu’au départ d’Europe), mais aussi des infrastructures aéroportuaires défaillantes.

La décision de Yamoussoukro engage ses 44 pays signataires à déréglementer leurs services aériens et à promouvoir des marchés aériens régionaux ouverts à la concurrence transnationale. Une déclaration d’intention commune de pays africains en faveur de la libéralisation du ciel adoptée il y a quinze ans. L’Association internationale du transport aérien (IATA), qui regroupe 250 transporteurs représentant 84 % du trafic mondial, est sur la même ligne.

Christian GUEHI

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