Le charme des perles

Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 0 Mail

Les marchés africains en regorgent. Qu’elles soient en porcelaine, en terre cuite, en caoutchouc, en verre, en bois ou encore en roche, les perles font partie intégrante de la culture du continent. Pour la femme africaine, c’est un moyen de séduction autant qu’une protection salutaire.


Traditionnellement, les perles ont une vertu curative. Portées sur les reins, elles soulageaient en effet celles qui passaient leurs journées courbées dans les champs. Ces chaînes de reins furent aussi beaucoup utilisées sur les nouveau-nés pour calmer les douleurs digestives ou les fièvres, ainsi que les premiers maux de dents.

À cela s’ajoute une vertu protectrice ancestrale, avec à l’origine le port de tourteaux de noix de palme alignées sur un fil de coton, considérés comme un hommage aux ancêtres. C’était aussi un moyen d’éviter les envoûtements et autres esprits maléfiques. Pour être à l’abri de tout danger (commérage, jalousie), certaines femmes portaient ces perles lors des cérémonies de réjouissances. Accroché également dans la maison, le collier de perles servait aussi à chasser les mauvais esprits.

La ceinture de perles a également une utilité pratique toute simple, celle de servir de ceinture pour les petits pagnes qui font traditionnellement office de sous-vêtement sous un boubou. Au Sénégal, ces pagnes appelés « bétcho » sont souvent en dentelle ou en broderies. Mais à chaque vêtement sa ceinture, et à chaque occasion ses perles, pourrait-on dire. Au Sénégal, le « djadjal » est constitué de nombreux petits colliers, alors que le « ferl », qui compte de grosses perles, a une fonction sonore non négligeable, car la femme qui le porte fait beaucoup de bruit en se déplaçant : attirer les regards, mais avant cela l’oreille. Le « môrômôrô », quant à lui, est parfumé. Il sert non seulement à parfumer le lit conjugal, mais enivre également le conjoint jusqu’à le transporter au septième ciel.

Car passées ces utilisations traditionnelles, les perles sont devenues pour la femme africaine une véritable arme de séduction qui se transmet de mère en fille. C’est un élément de mise en valeur de la détermination, de la sensualité et de la féminité. Le port de perles sur les hanches est un geste esthétique : rehausser sa silhouette par un baya (en malinké) ou affléma (en akan) est un ornement au même titre que des boucles d’oreilles ou un tour de cou. Les colliers de djé (en fon) ou djonou (en mina) accompagnaient déjà les nuits de séduction de nos grands-mères. Certaines perles sont en matière luminescente qui donne l’impression d’éclairer véritablement la chambre conjugale. Mais le temps est loi où une femme ne pouvait montrer ses perles qu’à son mari. La mode actuelle, de Dakar à Cotonou, fait que les perles se montrent : ici sur un jean, là à la cheville, ici entre deux vêtements à l’européenne. Au grand dam de certains (et surtout certaines) qui estiment que les perles doivent être portées sous une tenue traditionnelle.

Avec les déplacements et le mélange des peuples, le montage et l’agencement des perles ont connu une réelle amélioration, notamment en réduisant le risque de voir céder le fil de coton qui relie les perles, provoquant ici ou là de petits drames personnels. Aujourd’hui, il suffit de visiter un étal de perles dans n’importe quelle ville africaine pour comprendre qu’il y en a de toutes les sortes, de toutes les couleurs et pour tous les goûts ; il suffit de bien les agencer.

Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 0 Mail

429total visits,3visits today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *