Des agriculteurs découvrent une nouvelle technique de conservation des tomates

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-″Madame, faut changer ce tas là c’est pourris ″

-″Ma chérie tomate là c’est comme ça ho, quand on nous livre là il y’a beaucoup qui sont gâtés dans les cartons, si je veux faire comme ça là je ne vais rien gagner dessus ho ″

 Voici des conversations dans le  quotidien de  nos marchés qui ne laisseront pas indifférentes nos femmes et mamans. En effet la problématique de la conservation de nos fruits et légumes est  un  véritable casse tête, nos maraichers ne sont pas maitres de leur production et sont livrés aux aléas du temps et aux spéculations des marchés tant au niveau local qu’à l’international.

  Afrique 21 sensible à la question met un  coup de projecteur sur un agriculteur pas comme les autres qui semble avoir trouvé une solution à ce problème.


Vital Nduwimana se désolait de la quantité de tomate qu’il perdait à chaque saison. Pendant des années, ses tomates se mettaient à pourrir trois ou quatre jours après qu’il les avait récoltés : cela le frustrait.

Selon ses mots: « Je n’arrivais pas à écouler toute la quantité de ma production de tomate et je perdais beaucoup, presque la moitié de ma production. Pire encore, je devais les vendre à bas prix au marché. Alors, en 2015 j’ai eu l’idée de trouver une technique de conservation des tomates.»

Nduwimana cultive la tomate à l’est du Burundi, sur la colline de Kabuyenge, à cinq kilomètres de la frontière tanzanienne.

À l’Est du Burundi, les tomates sont en abondance pendant la période d’août et septembre. Cependant, les producteurs et les productrices ont du mal à conserver leurs tomates pour les vendre plus tard. Une grande quantité de tomates pourrissent.

Après avoir testé de nombreuses techniques pour résoudre son problème, il a essayé de conserver ses tomates dans de l’eau, l’argile, sous terre, dans des cartons et même sous le sable. Il a essayé toutes les méthodes qui lui venaient à l’esprit, en vain.

Puis un jour, il constate que les tomates qu’il avait conservées à côté des bananiers n’avaient pas pourri. C’est ainsi qu’il se rend compte de la présence de la cendre au pied des bananiers.

Il a décidé d’essayer de conserver ses tomates dans la cendre et a découvert que cette technique de conservation est plus efficace que toutes les autres précédemment essayées.

Il utilise la cendre provenant d’une cheminée, et tamise celle-ci trois ou quatre fois pour enlever les gros résidus, débris et autres corps étrangers. Ensuite, il verse la cendre dans un carton en papier avant d’y déposer les tomates. Grâce à cette technique, M. Nduwimana parvient à conserver en toute sécurité ses tomates pendant plusieurs mois.

Il explique : « Je conserve mes tomates dans la cendre pendant une période de cinq à six mois. C’est dans le but de les vendre au mois de décembre,  janvier ou février quand les prix augmentent puisque les tomates sont rares et deviennent chères pendant cette période. »

Jean Nivyabandi est agronome. Il assure que les cendres n’ont pas d’effets négatifs sur les tomates et que celles-ci peuvent être consommées sans aucun danger. Il explique : «Il n’y a aucun risque de toxicité de la tomate après conservation dans les cendres.»

Néanmoins, l’agronome souhaite que l’Institut des sciences agronomiques du Burundi procède à des tests pour valider scientifiquement la technique de M. Nduwimana.

Pendant ce temps, d’autres producteurs et productrices de tomates de Cibitoke, la principale région productrice de tomates du Burundi, ont eu la motivation de tester cette technique par eux-mêmes.

Judith Mizmana cultive la tomate à Cibitoke. Elle déclare : « Normalement, je pouvais récolter entre 550 et 600 kilogrammes de tomates par saison. Mais … je perdais près de la moitié de ma production. Aujourd’hui, je me frotte les mains et je souris tout le temps. Grâce à cette technique, je peux conserver mes tomates en attendant que le prix monte au marché sans avoir peur qu’elles ne  pourrissent »

Pendant ce temps, l’agriculteur innovateur a changé sa vie grâce à cette technique. Il déclare : « Avec le revenu tiré de la vente des tomates, j’ai ouvert un petit restaurant et je suis fournisseur permanent des tomates aux restaurants du chef-lieu de ma province. J’ai tout le marché et j’ai créé de l’emploi également. C’est toute une vie qui a changé. Dans l’avenir, je projette acheter  un camion pour assurer le transport de mes tomates. »

 

Afrique 21 souhaiterait que cet expérience s’adapte aussi bien aux aubergines, piments, courgettes  et autres fruits et légumes, Surtout que nos ingénieurs s’approprient et améliorent cette trouvaille ; Afrique 21 interpelle indirectement les gouvernements d’Afrique à épouser cette vision car si l’Afrique gagne la bataille de la conservation de ses matières premières  , elle gagnera assurément la bataille de la spéculation ,c’est-à-dire s’imposer sur les marchés internationaux et fixer ses propres prix.

 

Bouazi KOUADIO

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