Côte d’Ivoire : Ponso, le rescapé de l’île aux chimpanzés

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Il y a 30 ans, Grand lahou se plaignait des bruits de singe qui arrachaient à leur village le statut de havre de paix. Aujourd’hui la communauté de lahou tend désespérément l’oreille en direction de l’habitat naturel voisin, en quête de signe de vie de leur bruyant cohabitant d’autre fois. Le seul survivant n’a hélas pas assez de force pour bruire leurs tympans.


Il vit en solitaire depuis un peu plus de 2ans. C’est sur « L’île aux chimpanzés », dans le village de Grand-Lahou, à une centaine de kilomètres d’Abidjan, dans une portion de forêt tropicale, près du fleuve Bandaman. Elle a abrité il y a plus de 30 ans une vingtaine de ces grands singes, utilisés dans des expérimentations médicales sur le cancer. « Ponso est le seul survivant d’un groupe de 20 chimpanzés transférés en 1983 par le laboratoire Vilab-Liberia en Côte d’Ivoire. En 2015, ce grand singe d’un mètre de haut a vécu un drame : sa compagne et ses deux enfants sont morts de manière mystérieuse. Depuis, la petite forêt lui semble trop grande. Mais un cercle de solidarité tripartite s’est formé autour de lui. Désormais le primate à une nouvelle et gigantesque famille. A chaque aurore, Germain Djénémaya Koidja, un retraité de 60 ans, les mains garnies de nourriture et de médicaments, se fraie un passage à travers des nénuphars sur une pirogue pour rejoindre son intime compagnon. C’est avec allégresse que Le chimpanzé l’accueille par des cris et des acrobaties, sautant de branche en branche. La famille du vieil homme est spécialiste des primates, depuis son père jusqu’à son fils de 21 ans. Les habitants de la rive voisine de l’île sont eux aussi déterminée à « sauver le dernier chimpanzé, qui est maintenant un des leurs ». La solitude de Ponso a aussi marqué une Franco-américaine. Françoise Stephenson, est propriétaire d’un établissement hôtelier à Lahou. Elle a pris la tête d’un comité de sauvegarde. Cette blonde sexagénaire est éprise d’affection pour celui qu’elle dit considérer comme son propre bébé. Si la situation de Ponso apparaît comme un cas d’école pour certains primatologues africains confrontés au braconnage des chimpanzés et à la déforestation. D’autres semblent prêts à appuyer un projet de type, mais soulignent qu’il ne peut se faire sans soutien du pouvoir politique.

 

Ahmed Silué

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