Ouaga, tout en contrastes

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Entre son secteur informel et ses festivals haut de gamme, la capitale du Burkina Faso est une ville contrastée qui mérite plus qu’une escale. Bienvenue à Ouaga, la ville de toutes les passions.


Avec près de 750 000 habitants, Ouagadougou vit à grand rythme de cris de marchands, de klaxons d’automobilistes coincés par une livraison en cours ou de pétarades de mobylettes trop bruyantes. On a d’ailleurs souvent fait rimer Ouagadougou avec la « ville des deux roues ».  Il est fréquent de voir passer deux personnes, voire trois ou quatre en comptant les enfants, installées sur un seul cyclomoteur. La pollution est assez forte aux abords des grands carrefours, sans oublier la poussière des « 6 mètres », ces rues latérales en latérite.

Capitale de l’informel

Le secteur informel, c’est un ensemble d’activités, de services, de métiers qui permettent à de nombreux Ouagalais de gagner un minimum vital de 500 CFA par jour. On peut lister les métiers ambulants :  les porteurs bien sûr, qui sont très nombreux autour du marché et près des gares routières ; les vendeurs de journaux qui officient à chaque grand carrefour ; les vendeurs de fruits et de pâtisseries… Les occupations fixes sont, elles, plus classiques : cordonniers, laveurs, coiffeurs, call box (cabine téléphonique sur téléphone portable ). C’est aussi le premier pas vers l’établissement de commerces plus confortables : vanneur, menuisier, photographe, restaurateur de rues… Tout le secteur des services tire finalement son développement de ce maillage économique dense.

Le BIT estimait que fin 2000 environ 43 % des actifs de la ville travaillaient dans le secteur informel, en contribuant (pour l’ensemble du pays) à 31 % du PIB, c’est dire son importance.

L’art avant tout

À chaque rond-point, ou presque, se dresse une statue célébrant les simples beautés de la vie ou les grandes dates de l’histoire du pays. De la place des Nations unies à la place des Cinéastes, les touristes profitent d’un débordement de création contemporaine. Car les rues ouagalaises appartiennent bien aux artistes en tout genre. Sculpteurs sur bois ou bronziers, peintres ou confectionneurs de batiks ont pignon sur rue à chaque coin de la ville.

Sur l’avenue Dimdolobsom, le Centre national d’artisanat et d’art regroupe tout l’éventail des métiers artisanaux. Son emplacement privilégié au cœur même de la capitale burkinabé en a fait avec le temps un lieu courtisé par les touristes. Les hommes et femmes qui s’y trouvent font découvrir aux badauds les techniques ancestrales de l’art africain.

Autre témoignage de ce débordement artistique, la place Naaba Koom en face de la gare centrale. En son centre s’érige une statue de six mètres de haut qui incarne une femme Mossi offrant de l’eau à un hôte invisible. En tendant une calebasse aux voyageurs tout juste débarqués du train, cette œuvre symbolise une vieille tradition burkinabé d’hospitalité et de générosité.

 

Des festivals majeurs

La vie artistique du pays est aujourd’hui reconnue grâce à son célèbre festival de cinéma. Le Fespaco accueille ce qui se produit de plus original sur le continent. L’objectif avoué de ses responsables est de favoriser la diffusion de toutes les œuvres du répertoire africain et d’en assurer son rayonnement dans le monde entier. Noble entreprise quand on compte dans ses rangs l’un de ses plus dignes représentants, Idrissa Ouédraogo.

Le Fespaco n’est pas la seule manifestation artistique de la capitale du pays des Hommes Intègres. Le SIAO, Salon international de l’artisanat de Ouagadougou, se tient comme son alter ego cinématographique tous les deux ans. Comme le suggèrent ses organisateurs, « aller au SIAO, c’est aller à la rencontre du meilleur de l’artisanat africain ». Ouaga rassemble pour l’occasion plus de 3 000 artistes et artisans et des milliers de visiteurs en un lieu qui devient l’espace de quelques jours la plus grande brocante du continent.

Et les artistes ouagalais ne sont pas en reste. Grâce à la technique de la cire perdue, les artisans du Burkina passent pour des maîtres dans le coulage des bronzes. Des ateliers sont également mis en place afin de diffuser leurs techniques de travail aux autres artistes et aux touristes.

 

Une cité festive

Une tradition des Ouagalais est leur goût viscéral pour la fête. Chaque nuit est l’occasion de sortir et de fouler les pistes d’un des nombreux maquis de la ville. Du plus petit dressé au bord du bitume avec son poste à piles au plus moderne avec une sono digne des plus grandes discothèques françaises, l’ambiance y est chaleureuse et festive, bruyante la plupart du temps. Quelques maquis de la ville offrent même la possibilité à l’assistance de se joindre aux musiciens. Pour chanter, jouer du djembé ou tout simplement pour boire un verre, les maquis sont les lieux de rencontre et de défoulement à ne surtout pas manquer.

Votre passage à Ouagadougou ne restera pas insignifiant dans vos souvenirs tant l’enthousiasme des Burkinabés impressionne. Plus qu’un coup de cœur ou qu’une simple escale, Ouaga s’impose comme une destination privilégiée.

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