Bissau

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Si la capitale de ce petit État presque éponyme ne fait que peu parler d’elle, Bissau a pourtant, à l’instar de ses grandes sœurs lusophones Praïa ou Rio, autant de charmes que d’avantages. À commencer par l’élégance de son architecture, la proximité du fascinant archipel des Bijagos  et le sens de l’accueil de ses habitants.


Bissau, Guinée-Bissau. Il aura fallu adosser le nom de la ville à ce modeste pays pour le différencier de l’autre Guinée, la grande, dite parfois Guinée Conakry, qui enserre la Guinée-Bissau par le sud. Implantée à l’entrée de l’estuaire du Rio Gêba, Bissau se situe à équidistance des frontières nord et sud du pays. C’est son centre économique et le seul port de débarquement digne de ce nom.

La ville fut fondée, en 1687, par les Portugais qui en firent un comptoir fortifié. En 1942, elle devint la capitale de la Guinée portugaise. Après la déclaration d’indépendance, en 1973, par la guérilla, c’est Madina do Boe qui devint la capitale du nouvel État autoproclamé, mais Bissau resta la capitale des régions toujours sous contrôle du Portugal. En 1974, lorsque les Portugais reconnurent l’indépendance de la Guinée-Bissau et se retirèrent, Bissau redevint la capitale. Selon une estimation de l’Instituto Nacional de Estatística e Censos datant de 2007, la ville compte environ 400 000 habitants, la langue la plus parlée est le créole. Le dernier recensement officiel dans le pays a eu lieu en 1991, la ville avait alors 195 389 habitants que l’on nomme les Bissaliens.

 

Une économie à fort potentiel

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO, regroupant huit pays) prévoit une croissance économique accélérée cette année en Guinée-Bissau, dépassant les 4,7 % initialement prévu. Cette accélération de la croissance est principalement due à sa principale source de devises, l’exportation de noix de cajou, qui représente 60 % des revenus du pays. La Guinée-Bissau est le troisième producteur de noix de cajou d’Afrique, et le sixième mondial, avec sa production de 170 000 tonnes en 2015, une très bonne année, lui rapportant 90 millions de dollars. Le pays possède de nombreuses autres ressources naturelles : bauxite, bois, pétrole, phosphates… Son littoral, très riche en poissons, attire les pêcheurs de l’Union européenne qui viennent pêcher chaque année 500 000 tonnes de poissons, versant en échange à la Guinée-Bissau environ 7 500 000 €. Le potentiel agricole du pays est énorme, mais sa forêt, par exemple, n’est exploitée que de manière informelle.

Malgré ses nombreux atouts, la Guinée-Bissau est le dixième pays le plus pauvre du monde, parmi les pays les moins avancés (PMA). L’indicateur de développement humain (IDH) est de 0,289 en 2010 (position 164 sur 196 pays). En 2005, le budget de l’État dépend à 75 % de l’aide internationale. Il n’y a pas partout de l’électricité et 85 % des habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour. Car l’instabilité politique, les séquelles de la guerre civile de 1999, l’obsolescence des infrastructures découragent les investisseurs et donc les possibilités de développement.

 

Le charme des traditions

Chaque jour à 18 heures, la ville s’arrête au son de l’hymne national. Chacun se fige : le piéton freine son élan, le conducteur met pied à terre, et le motocycliste coupe les gaz. Ce rituel rare sur le continent rappelle quelques royautés asiatiques (le Siam notamment) mais n’est pas banal sur le continent. La place des Héros Nationaux (praça dos Herois Nacionais), où se trouve notamment l’ancien palais présidentiel détruit pendant les événements de 1998-1999 et reconstruit sur des financements chinois en 2012, est souvent déserte mais tient lieu de centre-ville. C’est d’ailleurs d’ici que descend l’avenue Amilcar Cabral vers le port de Pidjiguiti, et on croise au passage de nombreuses rues à la gloire des pays lusophones : avenue du Brésil, rue de São Tomé, rue de l’Angola, avenue du 3 août, etc.

La vieille ville coloniale de Bissau est un condensé de cette ambiance de Saudade, ce charme mélancolique chanté par les voisins capverdiens. Même si le climat humide et l’air marin ont hâté la décrépitude des superbes maisons coloniales du centre-ville, les ocres jaunes et rouges s’harmonisent aux bleus et vert pistache pour donner à ce quartier un charme inoubliable. Ici, un bâtiment de commerce aux coursives ombragées, là, une maison d’habitation ornée d’azulejos – ces fresques murales en carreaux de faïence – qui signent l’opulence de son propriétaire, plus loin un trottoir incrusté de coquillages sur lequel les habitants ont disposé quelques chaises qui seront vite occupées à l’heure où la journée fraîchit, c’est une vieille ville alanguie au charme certain. C’est aussi ici que l’on retrouve la plupart des ministères, les banques, ainsi que l’hôpital Simão Mendes, le palais de justice, le stade national Lino Correia, la centrale électrique, la forteresse d’Amura, le cimetière et la zone universitaire. La ville s’est par ailleurs étendue vers l’intérieur car le littoral bordé de mangroves était assez inhospitalier.

 

Des atouts touristiques indéniables

En février, c’est carnaval à Bissau. Plus modeste que celui de Rio, « O Carnaval Anual de Bissau » dure tout de même quatre jours et demeure l’événement culturel du pays. À cette occasion, les communautés de quartiers rivalisent de créativité et de rythme pour s’attirer les vivats du public et les bonnes notes des jurys mobiles disséminés stratégiquement le long du parcours de la parade. Outre cette manifestation monstre qui attire chaque année plus de 100 000 visiteurs, des sites historiques à ne pas manquer sont regroupés dans le vieux centre-ville : la forteresse d’Amura qui domine le port de Pidjiguiti, le mémorial du père de l’indépendance Amilcar Cabral ou encore celui commémorant le massacre des dockers et des pêcheurs grévistes par l’armée portugaise le 3 août 1959, événement qui précipita la guerre d’Indépendance. En outre, il faut évidemment mentionner les principaux marchés de Bissau (le marché Bandim, le Mercado Central et le marché de Santa Luzía) qui permettent de prendre la dimension humaine de la ville au travers du sens de l’accueil et de la gentillesse des Bissaliens.

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