David Monsoh, de la musique à l’image

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La route du succès est ouverte pour l’un des plus célèbres producteurs d’artistes africains. Ce quadra toujours en mouvement vient de lancer sa chaîne BBlack, avec une version africaine et l’autre caribéenne. Rencontre avec un Ivoirien à la réussite éclatante.


Il démarre dans les années 90 en assistant sa « sœur » d’Agboville, la diva Nayanka Bell, qui lui permet de se former en France. Il gère ensuite la production de l’album Visa qui obtient l’Africa Music Award et qui permet à la chanteuse d’être consacrée plus belle voix féminine d’Afrique lors des trophées des Lions d’or à Paris. Ensuite, c’est une succession de coups de génie, de culot et de prise de risque dont il a le secret.

Il convainc tout d’abord le footballeur Gadji Céli de se lancer dans une carrière musicale, et quelle carrière : son premier album est un succès énorme notamment grâce à son titre phare King Solo qui permet à David d’intégrer la maison de production parisienne Sonodisc où il est chargé… de la découverte de talents africains. Il rencontre la star congolaise Koffi Olomidé dont il produira deux albums, puis quatre Gaous inconnus dont il décide de distribuer le premier titre en France avec le succès qu’on connaît pour la bande de Magic System.

Pourtant David Monsoh ne s’arrête pas là. Il multiplie les productions de spectacles avec des artistes variés tels que Sonia Dersion, Meiway ou Dezy Champion, jusqu’à rencontrer Douk Saga dont il produit l’unique album Héros national-Bouche bée qui lance le coupé-décalé et change la face de la musique ivoirienne. David Monsoh devient alors Le producteur, et son catalogue d’artistes ne cesse de s’étoffer, avec évidemment le Kinois Fally Ipupa dont il produit tous les albums, jusqu’à tout récemment Serge Beynaud, la nouvelle star du coupé.

On l’aura compris, être producteur de musique requiert des qualités particulières. Il faut aimer la musique, avoir du flair et être prêt à prendre des risques. Comme le dit David, c’est « avoir le sens du danger : ce n’est pas seulement l’équation “avoir de l’argent + connaître quelqu’un talentueux”. Il faut avoir le flair pour savoir si le talent en question peut aller loin. »

Il reconnaît l’importance des réseaux qu’il faut savoir cultiver, mais aussi le fait de sortir énormément afin de découvrir ces nouveaux talents, se déplacer dans les petites salles pour trouver la perle rare. Cela requiert une oreille, forcément fine, mais aussi une ouverture d’esprit suffisamment grande pour aller écouter toute sorte de musique : du R & B, de la musique traditionnelle malienne, l’ambiance congolaise.

 

Mais déjà David Monsoh est ailleurs. Celui qui reconnaît vivre pour les défis devient le président fondateur de BBlack ! Africa, lancée fin 2013. Son objectif est de créer un groupe d’information culturelle, mêlant ses talents de découvreur et ceux de diffuseur, avec bien sûr l’efficacité qu’on lui connaît. Il s’explique sur l’importance de l’image dans la musique :

« BBlack, c’est autre chose que la musique. Aujourd’hui, l’image est essentielle : il faut avoir une connaissance de la mode, du cinéma, afin que cela fonctionne même si nous ne comprenons pas la musique en question. Par exemple, les Ivoiriens adorent la musique congolaise, mais ne comprennent pas le congolais, il faut donc que le clip puisse traduire en quelque sorte le contenu. Et aujourd’hui, je suis fier de pouvoir dire que plusieurs clips fonctionnent très bien dans ce sens. Il y a aussi le côté danse : on sait très bien que certains clips permettent de découvrir des pas de danse en plus de la musique. »

Tout cela fait qu’aujourd’hui je me suis lancé dans la TV. Nos artistes africains ont beaucoup souffert du manque d’image dans la musique. C’est l’idée de BBlack qui aime la culture black. C’est un positionnement en chaîne musicale (70 %) avec un peu plus de contenu : par exemple, un film en prime time le lundi à 20 h 30 s’impose lorsqu’on veut se remettre doucement des folies du week-end. Des films, mais aussi des émissions culinaires ou de mode.

Question musique, la chaîne se veut un mélange : Oumou Sangaré, Whitney Houston, Césária Évora et Aretha Franklin ont leur place, histoire « de montrer aux jeunes qu’ils n’ont pas tout inventé ». Des métisses aussi, Nneka, par exemple, est dans l’esprit BBlack, mais aussi des pépites : des stars dans leur région qui vont cartonner sur place et ont besoin de diffusion.

Des studios à Abidjan, des bureaux à Paris, on l’aura compris, David Monsoh ne va pas s’arrêter de sitôt.

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