Abidjan, les VTC tracent leur route

Alors qu’Uber s’implante au Nigeria et bientôt au Ghana, il semblerait que l’Afrique francophone préfère développer ses propres solutions alternatives aux taxis. C’est en tout cas le choix d’Abidjan, où le secteur des VTC (véhicules de transport avec chauffeur) attire de plus en plus de convoitises et où chacun des acteurs cherche à s’implanter durablement avant l’arrivée probable du géant américain.


Les voyageurs d’affaires le savent, les taxis du continent sont en piteux état, et Abidjan ne fait pas exception. Mis à part la chance de tomber sur un taxi récent, le parc automobile est vieillissant, un désagrément pour beaucoup d’usagers auquel se rajoute une insécurité rampante tant pour les passagers que pour les chauffeurs. Depuis quelques années, quatre sociétés proposent une alternative de transport, avec des prix bien souvent beaucoup plus élevés que ceux des taxis, qui posent le problème de la cible visée, et donc de la taille du marché.

Taxi Jet a été fondé en 2015 par trois trentenaires ivoiriens. Ils se sont rencontrés sur les bancs de la prestigieuse école HEC (Hautes Études Commerciales, Paris) et, malgré des carrières prometteuses dans la banque ou le conseil, ils choisissent de rentrer au pays pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale en créant Taxi Jet sur une base finalement assez éloignée du VTC puisqu’ils recrutent dans les rangs des taxis classiques qui s’affilient en quelque sorte au service de réservation et au cahier des charges de la jeune société. Taxi Jet, c’est donc tout d’abord une app, et beaucoup de travail de formation auprès des taxis affiliés.

Taxi Jet permet de payer en cash aussi bien qu’en utilisant le compte prépayé du service, à ce jour relié au service paiement mobile de l’opérateur Moov. Ce principe évite aux chauffeurs de recevoir directement les frais des courses, ce  qui représente l’avantage non négligeable de sécuriser les recettes journalières. Un double avantage pour les chauffeurs mais aussi pour les clients qui n’ont plus besoin d’avoir l’appoint une fois à bord.

Africab, propriété du Congolais Vangsy  Goma, s’est lancé sur un concept différent. Face à l’émergence d’une classe moyenne de plus en plus aisée, le fondateur fait le constat que les moyens de transport ne sont plus au niveau et se donne pour mission de transformer « l’expérience du déplacement ». Il propose de mettre entre parenthèses le principe de propriété pour aller vers celui de l’usage et du plaisir à 100%cent pour cent. C’est donc une flotte « propriétaire » de véhicules récents et brandés, des chauffeurs formés et responsabilisés, d’une technologie de pointe. Ce fut d’ailleurs le premier des VTC abidjanais à proposer une réservation sur iPhone et un paiement sur compte. Africab propose aussi des services plus spécifiques, comme emmener les enfants à l’école, effectuer une livraison ou encore récupérer un colis. La société a lancé un pack de financement appelé Africab Invest, en partenariat avec le distributeur automobile CFAO, afin de simplifier l’accès au secteur d’individus désireux de s’investir dans le secteur. Ce programme leur simplifie l’achat (par un leasing) et la rentabilité (par une promesse d’activité). C’est sans doute le pas vers un modèle à la Uber où le chauffeur est son propre investisseur et employé.

IzyCab, start- up créée en 2015 par Ange  Gbéhi et Nicéphore  Allaglo et abritée par l’incubateur Orange Lab  Côte d’Ivoire,  est un service de mise à disposition de véhicules avec un chauffeur privé. Transport sécurisé, tarifs fixes et connus d’avance, IzicCab se présente comme une  alternative pour les déplacements professionnels et touristiques en mettant en relation des chauffeurs formés à la conduite douce, touristique et sécuritaire avec tout passager souhaitant réserver un véhicule de standing pour un transfert de point à point, ou pour une mise à disposition plus longue.

Pour ces deux services, le tarif est connu à l’avance et comprend tous les frais liés au déplacement du passager, à savoir : le carburant, les frais de parking, les frais de péages…

Ce service fonctionnel 24 h/heures sur 24 est idéal pour les prises en remplir son rôle depuis les différents aéroports. En effet, les chauffeurs sont formés à la prise en charge des passagers et il n’existe pas de surcoût pour l’attente de ces derniers.

Enfin, Drive est le dernier acteur, à ce jour, de ce marché en plein développement.  C’est un spin off de la société parisienne du même nom, qui s’est lancé dans le haut de gamme à Abidjan basé sur un service de prestations personnalisées et soignées à bord de véhicules premiums ou de luxes, sécurisés, et adaptés à chaque circonstance. Des chauffeurs d’une présentation irréprochable, recrutés pour leur professionnalisme, leur qualité relationnelle et leur connaissance de la ville. Ce service dédié est disponible 24 heures /sur 24 et 7J jours /sur 7J et permet un règlement par carte de crédit ou par abonnement prépayé.

Tout récemment, le DG du Cepici, le centre de la promotion des investissements de Côte d’Ivoire, a reçu des représentants du géant Uber, celui par qui tout est arrivé. Serait-ce le signe d’une implantation dans le pays, ou bien de rachats possibles ? À ce jour, les acteurs existants bataillent encore pour convaincre le marché, avec des modèles économiques relativement éloignés de celui d’Uber qui se repose surtout sur les investissements et la prise de risque personnelle de ses chauffeurs affiliés. Cela suffira-t-il à tenir l’Américain éloigné des côtes éburnéennes ? Seul l’avenir le dira.

1051total visits,3visits today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *